dimanche, 24 décembre 2006
L'ASSASSINAT DU PÈRE NOËL
Bien au chaud dans son épaisse houppelande, bien au sec dans ses bottes de cuir, le bourgeois bedonnant avançait vers son destin. "Viens mon Pelot, approche mon Foie-gras" murmurait l'Assassin du Père Noël à l'ombre emmitouflée.
Quand la buée du souffle du bourgeois dégela son regard, l'Assassin du Père Noël ne fit ni une ni deux: un coup droit dans la face! Les bottes du cossu ripèrent et sa masse gisait de tout son long dans la gadoue. La grande barbe blanche du bonhomme fut maculée du même rouge que celui de l'épaisse houppelande.
"Merde! Et merde et merde..." jura longtemps l'Assassin du Père Noël tandis que parmi les joujoux répandus sur la chaussée la poupée battait l'air de ses jambes en plastique en répétant "Maman, maman...".
Alors le souvenir furieux de l'enfant qu'il était se mit à l'injurier: "Putain de toi", sanglotait-il, "maintenant Il ne viendra plus jamais." Désemparé par ce chagrin de lui-même, l'Assassin du Père Noël ramassa un à un les wagons dispersés du train électrique. De ses doigts mal assurés, il consola la poupée en appuyant sur la touche Off. Même la panoplie de policier, il la remit dans la grande hotte à moitié déglinguée.
L'Étoile du Berger scintillait au dessus du bâtiment B7 et des guirlandes clignotaient aux fenêtres quand l'Assassin du Père Noël a pris sa décision: il dépouilla, sans faire ni une ni deux, le cadavre du Vieux; il enfila dessus son cuir la houppelande rouge et troqua ses Santiag' contre les grosses bottes; il se chargea de la pesante hotte et se mit en chemin.
http://www.pps.jussieu.fr/~eleph/Autre/noels et il y a d'autres contes …
21:55 Publié dans à méditer, coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (1) |
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Joyeux Noel à tous !!!
En image
En musique
Quel Est Ce Chant Si Pur ? (Pe Trouz War An Douar)
Hugues Aufray
Et avec une petite vidéo amusante reçue ce matin ...
00:30 Publié dans messages perso ... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Ballade des proverbes
Tant va le pot à l'eau qu'il brise,
Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,
Tant le maille-on qu'il se débrise,
Tant vaut l'homme comme on le prise,
Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,
Tant mauvais est qu'on le déprise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Tant parle-on qu'on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu'on s'en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu'on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Tant aime-on chien qu'on le nourrit,
Tant court chanson qu'elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu'il se pourrit,
Tant bat-on place qu'elle est prise,
Tant tarde-on que faut l'entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Tant raille-on que plus on n'en rit,
Tant dépent-on qu'on n'a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut "Tiens !" que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu'on fuit l'Eglise,
Tant donne-on qu'emprunter convient,
Tant tourne vent qu'il chet en bise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Prince, tant vit fol qu'il s'avise,
Tant va-il qu'après il revient,
Tant le mate-on qu'il se ravise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
François VILLON
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