dimanche, 18 janvier 2009

Difficile de faire le pont à Bordeaux ! la suite ...

Je le disais dans ma note précédente, la ville de Bordeaux, classée en 2006 au patrimoine de l'Unesco, risque de perdre son label ... à cause de ses ponts !

pertuis.jpgLa destruction du Pont du Pertuis a été l'élément déclencheur de l'indignation de l'UNESCO et du Ministère de la culture. Quésako ? Encore un pont ? Oui, mais celui-ci ne franchit pas la Garonne mais est situé au cœur des bassins à flot du port de Bordeaux. Construit en 1911, il était le seul pont à culasse (tournant autour d'un axe à l'arrière du pont) restant en France, et à ce titre il était reconnu comme patrimoine remarquable dans le cadre du classement de Bordeaux. Les inspecteurs de l'ICOMOS, l'organisme qui a inspecté la ville avant qu'elle soit classée à l'UNESCO, étaient r'ailleurs restés baba des heures devant ce petit bijou. Et pourtant il a été détruit en décembre 2007, ce que les bombardements de la base sous-marine n'avaient pas réussi à faire. Officiellement, l’état de dégradation de cet ouvrage, rouillé, rendait une simple rénovation impossible et une reconstitution à l’identique aurait été de fait nécessaire, faisant soit disant perdre tout intérêt à cette opération. En fait sa réhabilitation coutait 2,2 millions d'euros alors qu'une démolition-reconstruction coutait 1,7 million d'euros. Eh oui, pour 500 000 €, on a détruit un des témoins des grandes heures de l’histoire maritime de ce qui fut un des plus grands ports d’Europe ! il devrait être remplacé par un pilier au milieu de l'écluse, ce qui parait-il est en plus une aberration économique puisque cela ne permettra de faire rentrer dans le bassinnuméro 2 que les petits bateaux de plaisance de 8 m de large alors que la mode est aux catamarans plus larges.

Eiffel_Passerelle.jpgEnsuite, un second projet a failli s'attirer les foudres de l'Unesco, la destruction de passerelle Saint-Jean, elle aussi dans le périmètre Unesco. Edifiée en 1858, cette passerelle ferroviaire est le premier chantier mené par Gustave Eiffel. Autant dire qu'il s'agit là aussi d'un ouvrage appartenant au patrimoine culturel de la ville. Bien sûr, l'œuvre Bordelaise de Gustave Eiffel n'était plus adaptée, notamment en raison de son étroitesse, aux besoins actuels du trafic ferroviaire, et sa destruction était programmée en 2008 ... Après y avoir été favorable, Alain Juppé s'y est opposé, tout en affirmant n'avoir pas les moyens, seul, de sa réhabilitation. Heureux hasard : au moment où le directeur du centre du Patrimoine mondial se trouvait à Bordeaux, l'Etat a annoncé, le 23 juin 2008, l'instance de classement du pont au titre des monuments historiques pour une durée de un an. Pendant cette année des études sont réalisées pour évaluer combien couterait le maintien de cet ouvrage, et s'il doit être classé monument historique. L'avenir de la passerelle Eiffel reste donc incertain car le coût de sa remise en état dépasserait les 7 millions d'euros. Plusieurs projets ont été proposés, dont un est la transformation en galerie culturelle, passerelle démontée puis reconstruite dans un autre lieu, ou encore mise à la verticale en signe d'entrée dans Bordeaux, les bruits les plus fous circulent, mais pour l'instant aucune décision définitive ne semble avoir été arrêtée ... à suivre donc !

pont_bacalan_bastide.jpgDernier dossier qui fâche, le futur pont Bacalan-Bastide, encore appelé pont Lucien Faure ! Alerté par les opposants au projet qui, pour certains y voient un "aspirateur à voitures", et pour d'autres contestent son architecture, le directeur du Centre du patrimoine mondial, Francesco Bandarin, doit débarquer à la fin du mois à Bordeaux avec une délégation d’experts de l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites), chargée d’évaluer l’impact de la construction du futur pont levant haut de 112 m, au design résolument moderne, sur le classement du Port de la Lune au patrimoine mondial. "Il peut y avoir des adaptations", a concédé Alain Juppé début janvier, évoquant le sujet dans le cadre de ses vœux à la presse. Mais "Il s’agit de savoir si une ville classée à l’Unesco est un musée ou si elle peut vivre".

Mais dernier rebondissements, le tribunal administratif de Bordeaux examinait mercredi dernier le recours en annulation déposé par une quinzaine d'associations qui dénoncent depuis des années ce projet de construction. Après trente minutes passées à balayer certains des arguments avancés sur les violations du Code de l'environnement ou l'insuffisance de la consultation publique, la sentence est tombée : Le commissaire du gouvernement, Antoine Bec, a demandé à la ville de Bordeaux l'annulation d’une délibération de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), qui déclarait d'intérêt général la construction du pont. La faille de ce dossier ? l'absence d’une véritable "évaluation financière des modalités de financement". En clair, rien sur la participation financière respective de l'Etat, de la région, du conseil général et de la CUB. Autre lacune pointée par le juge qui évoque la loi Loti (Loi d'orientation des transports intérieurs) qui impose une information totale non seulement sur l'ouvrage à réaliser mais aussi sur les travaux annexes qui en découleront, le coût de l'ouvrage, estimé à 120 millions d'euros, "mais qui ne comprend pas tous les aménagements nécessaires pour accéder au pont". Constatant que l'avis des services maritimes figure dans le dossier, mais pas celui des compagnies maritimes qui fréquentent le port de la Lune, le magistrat s'est aussi interrogé sur la compatibilité de ce pont levant avec les gros navires de croisière, qui pourraient se voir dans l'impossibilité "de franchir l'ouvrage" dont la travée mobile sera de 110 m, et dont le coût représente pourtant "un montant triple de celui d'un pont fixe"

Les partisans d'un tunnel interdit aux poids lourds reprennent du poil de la bête ... A suivre là aussi !!!

 

vendredi, 16 janvier 2009

Difficile de faire le pont à Bordeaux !

Je suis née à Bordeaux, et lorsque j'étais enfant, un seul pont routier enjambait la Garonne, le "Pont de pierre", que je prenais tous les jeudis pour aller voir ma grand-mère qui habitait sur la rive droite. Quand aux trains, ils empruntaient la "passerelle Eiffel" qui, avec ses 2 voies, était déjà insuffisante et constituait un étranglement. Une légère passerelle pour piétons y était accrochée, qui a été supprimée en 1981 car elle était trop dangereuse. C'est dire s'il était difficile de passer sur l'autre rive !

galerie-membre,france-bordeaux,pont-de-pierre.jpgEn fait Bordeaux n’a eu un pont qu’en 1822 avec la construction du "Pont de Pierre". Certes, la variation des marées (le "marnage") est importante let a Garonne est large (500 mètres), mais pourtant avant cette époque la technique permet déjà de construire des ponts importants dans des conditions identiques.

En fait, Bordeaux n’avait pas besoin de ponts puisque la vie de la ville se résumait à la Garonne, son cabotage, et non à son franchissement. De plus, Bordeaux, c’était la ville de la rive gauche, et uniquement cette rive. Il fadra attendre Napoléon, qui veut faire passer ses garnissons par Bordeaux pour atteindre l’Espagne, pour voir la construction de ce premier pont. Les travaux commencent en 1810, mais la chute de l'Empire en 1814 les arrête jusqu'en 1816, faute d'argent. Finalement de riches négociants et armateurs bordelais, dirigés par Balguerie-Stuttenberg dont un "cours" porte le nom, avancent la plus grande partie des capitaux, à condition de percevoir, pendant quatre-vingt-dix neuf ans, un droit de péage, et ils créent La Compagnie du pont de Bordeaux le 18 avril 1818. L'inauguration a lieu le 25 août 1821 et le 1er mai 1822, il est livré à la circulation, moyennant péage. Bien sûr je n'ai jamais vu ce péage, qui a pris fin en 1863, donc bien avant la fin des 99 ans !

Eiffel_Passerelle.jpgEn 1860, à ce premier pont, s’ajoute donc la passerelle Eiffel ... ensuite la ville se recroqueville sur sa rive gauche pendant plus d'un siècle. Bordeaux est la seule ville française qui reste 140 ans avec un seul et unique pont, quand, dans le même temps, Paris en compte une vingtaine, Lyon et Nantes une douzaine. Le manque de pont est une histoire du non-intérêt entre les deux rives de Bordeaux.

 

33BdxPontTransbordeur05.jpgPourtant de nombreux projets dormaient dans des cartons. Au début du XXème siècle, on débute même la construction d'un pont transbordeur de 1910, interrompue par la guerre 14-18; seuls les pylônes seront terminés, que les allemands bombarderont en 1942.

Ensuite dans les années 1930, sous la houlette du maire Adrien Marquet, Jacques Boistel d’Welles, l’architecte en chef de la ville, engage la ville dans une politique de grands travaux connue sous le nom de "plan Marquet". Leur objectif ? Doter Bordeaux des infrastructures indispensables à son développement, mais aussi redonner du travail à ceux de ses habitants que la crise de 1929 a plongés dans les affres du chômage. Jacques d’Welles construit ainsi la Piscine de la rue Judaïque et la Bourse du Travail cours Aristide Briand, des monuments art déco tous deux classés monuments historiques, ainsi que le stade Lescure, aujourd'hui stade Chaban-Delmas, ou encore le stadium de l'université à Pessac. Evidemment il prévoit aussi de nouveaux ponts dans son plan d’urbanisme, dont un franchissement amont de la Garonne, un autre en aval de la Garonne, et entre les deux, il souhaite un doublement du pont de Pierre, ainsi qu’un tunnel au niveau des Quinconces. Il envisage également un pont depuis Bacalan et un autre sur les rives d’Arcins.

PtFMitterand.jpgLes ouvrages nés de cette réflexion seront le pont Saint Jean inauguré le 4 avril 1965, le pont d’Aquitaine, pont autoroutier inauguré le 6 mai 1967, et enfin en 1993 le pont François Mitterrand que les bordelais appellent toujours Pont d’Arcins. Bordeaux possède enfin 4 ponts routiers permettant de traverser la Garonne, dont 2 urbains ! Et dernier en date, 2008 a vu la mise en service d'un nouveau pont ferroviaire, dont on prévoit déjà le doublement des voies, la fin du projet étant programmée pour 2015.

 

Tout va bien, Bordeaux comble son retard me direz-vous ? Oui, mais il y a encore un Schmilblick ! La ville de Bordeaux, classée en 2006 au patrimoine de l'Unesco, risque de perdre son label ... à cause de ses ponts ! mais ça, je vous le raconterai demain ...

 

mardi, 01 avril 2008

Et si on jazzait ce week end ?

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Sous la baguette d'André Ceccarelli, batteur de grande réputation, la dixième édition du Festival Jazz à Toute Heure accueille jusqu'au 12 Avril des valeurs reconnues aussi bien que des jeunes talents à découvrir. Se produiront ainsi Marcia Maria et le Paris Jazz Big Band, mais aussi l'étoile montante Zarifa.

Ainsi Jazz vocal et claquettes avec Lucy Dixon au Mesnil Saint Denis et accordéon-jazz avec Marc Berthoumieux à Bullion le samedi 5 avril, ou Jazz On Biguine avec le pianiste David Fackeure le 12 avril à Lévis-Saint-Nom ... ou encore concerts gratuits dimanche 6 avril au Château de la Madeleine à Chevreuse.

Programme complémentaire et alléchant dans des restaurants, bars et associations du cru qui proposent des dîners ou déjeuners avec orchestre. Et tout cela, au cœur du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.

Tout le programme ici ...

Et déjà des chansons et de la musique , ou ou encore !!!

lundi, 28 janvier 2008

Ballade à l'étang des Noës

Week-end ensoleillé qui donne envie de se balader ... direction l'étang des Noës !

 

218148c6532a8f6b6eb70822121d8454.jpgCréé par Vauban en 1684, il fait partie d’un ensemble de lacs et d'étangs qui permettaient, jusqu'en 1977, de récupérer les eaux de pluie de Rambouillet à Trappes pour alimenter les fontaines et bassins du parc du château de Versailles.

Son rôle était de collecter les eaux du plateau de Maurepas et d’une partie de celui de Coignières. En amont, le réseau comprenait les étangs de Saint-Hubert, Pourras, Corbet, de Hollande, de la Tour et du Perray. Le drainage s’effectuait grâce à des rigoles, et ce chapelet d’étangs était relié par un “grand lit de rivière”, collecteur permettant d’alimenter l’étang de Trappes et, de là, les réservoirs de Montbauron. L’ensemble des étangs supérieurs comprenait 15 étangs, soit près de 200 km de rigoles et 25 aqueducs recueillant les eaux de surface de près de 13 000 hectares. Il était même prévu de prolonger ce système jusqu’à l’Eure par Maintenon, mais les travaux ne furent jamais achevés à cause des guerres et de la fin du règne de Louis XIV.

Un peu d'histoire

ea1a4d818f5f773278c695da8d7cf771.jpgQuand, en 1661, Louis XIV âgé de vingt-trois ans accède enfin au trône, son choix est de transporter sa cour à Versailles, où ses parties de chasse l'ont souvent amené à se reposer dans un petit château de briques construit par son père en plein marais. Décision est prise d'y construire un nouveau château, mais aussi des jardins à la française, avec jeux de fontaines, de cascades et de jets d’eau ! mais Versailles est située dans un fond de vallon et ne bénéficie que du mince apport hydraulique du rû de Clagny. La course à l’eau est donc lancée et elle mobilisera pendant environ trente ans les savants, les ingénieurs et les techniciens les plus brillants de l’époque.

7ea52182ed79a75954249704ed0e8fa1.jpgColbert se mit donc à la tâche, de grands travaux sont lancés pour collecter, amener, stocker et même pomper par des moulins à vent les eaux des alentours. Mais cela ne suffisait pas, et le surintendant porta son attention à différents projets qui promettaient d’apporter une quantité plus importante d’eau. Parmi tous ces projets gigantesques, Ricquet, célèbre par la création du canal du Midi, proposa d’amener la Loire à Versailles. Colbert fut séduit et les travaux allaient être exécutés, moyennant la somme de deux millions quatre cent mille livres quand l'abbé Picard, brillant astronome membre de l'académie des sciences, affirmaque la chose était impossible, qu'il avait nivelé le terrain fort légèrement à la vérité, mais suffisamment pour pouvoir assurer qu'il n'y avait pas assez de pente pour amener l'eau jusqu'à Versailles. Colbert, prudent, fit donc réaliser une vérification par l’abbé Picard, qui avait créé des instruments de précision permettant des observations astronomiques et géodésiques, en particulier un niveau à lunettes pour la mesure des hauteurs du sol, avec précision de l’ordre d’1 cm par km.

L’abbé Picard alla calculer la pente qu’il pouvait y avoir de la Loire à Versailles. Les opérations eurent lieu en 1674 et démontrèrent que le niveau de la Loire au-dessus de Briare où Ricquet pensait le drainer était plus bas que celui du parc de Versailles et ce projet fut abandonné. Colbert demande alors à l'abbé Picart de faire des nivellements sur les plateaux environnants. Celui-ci découvre que les plaines de Trappes et Bois-d'Arcy sont à cinq mètres au-dessus du niveau du plus haut réservoir du château, situation permettant de collecter et d'acheminer de nouvelles quantités d'eau. Colbert donne l'ordre de commencer les travaux en 1677. ...

Une formidable réserve écologique

6dbd43eb1703ea3fd4fddff8398ad14e.jpgL’étang est une réserve écologique qui abrite 266 espèces de plantes et 96 espèces d’oiseaux (sur 354 en Ile-de-France). C'est pour cela qu'il est classé Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique (ZNIEFF)

On y observe des milieux très variés : bois et lisières, prairies et roselières, mares, fossés et eaux libres.

Sur la rive sud de l'étang, on trouvent 270 espèces végétales, dont deux protégées au niveau régional, le Pâturin des marais et la Stellaire glauque.

d94f39e1046d58ef1f19efec207e5e49.jpgL'étang accueille 96 espèces d'oiseaux en quête d'alimentation, des oiseaux nicheurs sédentaires et des migrateurs et 14 espèces de libellules ...

On peut observer notamment la Rousserolles effarvattes, Phragmites des joncs, Bouscarles de Cetti et Grèbes Huppés qui résident et nichent dans les roselières de l'étang. Le cri de ces derniers annonce dès le mois de février le début des parades amoureuses qui l'entraînent dans d'étonnantes cérémonies avec sa nouvelle compagne. Le couple fabrique le nid flottant dans la roselière, couve en alternance et promènera à tour de rôle les grébetons cachés sous les plumes du dos.

c457f452a99aa479c6bfe199361244c3.jpgD'autres espèces comme la Foulque macroule, le Bruant des roseaux et la Fauvette babillarde ont élu domicile aux Noës, rejoints à l’automne par le Canard souchet.

Plus communs, des canards Colvert et même un grand cygne blanc sont venus à ma rencontre, histoire de voir si je n'avais pas un peu de nourriture à leur donner ...

Malgré sa faible profondeur (87cm en moyenne) l'étang abrite aussi un grand nombre de poissons : brèmes, gardons, carpes, goujons, tanches, rotengles, perches, sandres, brochets et silures ... qui satisfont l'appétit des oiseaux et la passion des pêcheurs !

Le sentier PR 19 longeant l’étang au sud et à l’est, emprunte une remarquable allée plantée de pins noirs et pins sylvestres.