mardi, 20 octobre 2009
Me lo decía mi abuelito
Ces derniers jours, l'affaire de Jean Sarkozy et de sa nomination à l'EPAD (car je n'ose pas parler d'élection !) j'ai repensé à cette chanson de Paco Ibañez, dont j'ai trouvé la traduction ici ... Le texte est à l'origine un poème de Jose Agustin GOYTISOLO, écrivain et poète catalan. La traduction est du chanteur provençal Pierre Pascal, ami de Paco Ibanez qui traduit pour lui en espagnol les chansons de Georges Brassens.
Me lo decía mi abuelito,
me lo decía mi papá,
me lo dijeron muchas veces
y lo olvidaba muchas más.
Trabaja niño, no te pienses
que sin dinero vivirás.
Junta el esfuerzo y el ahorro
ábrete paso, ya verás,
como la vida te depara
buenos momentos, te alzarás
sobre los pobres y mezquinos
que no han sabido descollar.
Me lo decía mi abuelito,
me lo decía mi papá,
me lo dijeron muchas veces
y lo olvidaba muchas más.
La vida es lucha despiadada
nadie te ayuda, así, no más,
y si tú solo no adelantas,
te irán dejando atrás, atrás.
¡Anda muchacho dale duro !
La tierra toda, el sol i el mar,
son para aquellos que han sabido,
sentarse sobre los demás.
Me lo decía mi abuelito,
me lo decía mi papá,
me lo dijeron muchas veces,
y lo he olvidado siempre más.
traduction : mon grand-père me le disait
Refrain :
Mon grand-père me le disait
Et mon père me le disait
Et plus souvent ils me le dirent
Plus souvent moi je l'oubliais
Travaille fils ne vas pas croire
Que sans fortune tu vivras
Fais des efforts, économise
Joue bien des coudes et tu verras
Combien cette vie te réserve
De bons moments, tu fouleras
Aux pieds, les pauvres et les médiocres
Qui n'ont pas su sortir du tas
(Refrain)
La vie est une lutte impitoyable
Nul ne t'aidera pour tes beaux yeux
Si tu ne gravis pas l'échelle,
Tu resteras en bas, en bas
Allons gamin, travaille ferme
La terre, le mer et le soleil
Appartiennent à ceux qui marchent
Sur le ventre de leurs pareils
(Refrain)
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mardi, 22 septembre 2009
sans papier
D'après ce qu'on dit
Je vais me faire expulser
Vers ce maudit pays
J'entends même dire
Je vous jure c'est vrai
Que j'allais mourir
Si je résistais
Mettront sur le nez
Un de leur coussin
Voudront m'étouffer
Mais y sont pas bien
Pas de risque que je crie
M'auront bien scotché
La bouche et puis
Les mains les pieds
Tu sais d'où je viens
Y'a pas que des manchots
Ça frappe du poing
Même sur les marmots
Si tu gueules « j'ai faim »
On te coupe la langue
Si c'est « mort aux chiens !»
On te fou la sangle
Je croyais qu'ici
Les bras ouverts
On m'aurait dit
Respire le grand air
Je croyais qu'ici
Finis les cauchemars
Qui me réveillent la nuit
Maman !
J'ai peur dans le noir
Me voilà par terre
Dans cette église
C'est pas l'enfer
Mais ça s'éternise
Paraît que dehors
Y'a des uniformes
Qui veulent ma mort
En bonne et due forme
J'ai pas de papier
D'après ce qu'on dit
Je vais me faire expulser
Vers ce maudit pays
J'ai pas de papier
Et je sais même pas
Si je vais me faire tuer
Ici ou là-bas....
Gavroche
Photo : Linternationalmagazine.com
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vendredi, 22 mai 2009
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous le braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.
Jacques PREVERT
PAROLES
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mercredi, 08 avril 2009
Femme nue, femme noire
Mon coeur est ardent, comme brûlant, mon soleil.
Grand aussi mon coeur, comme l'Afrique mon grand coeur.
Habitée d'un grand coeur, mais ne pouvoir aimer...
Aimer toute la terre, aimer tous ses fils.
Etre femme, mais ne pouvoir créer;
Créer, non seulement procréer.
Et femme africaine, lutter.
Encore lutter, pour s'élever plutôt.
Lutter pour effacer l'empreinte de la botte qui écrase.
Seigneur!... lutter
Contre les interdits, préjugés, leur poids.
Lutter encore, toujours, contre soi, contre tout.
Et pourtant!...
Rester Femme africaine, mais gagner l'autre.
Créer, non seulement procréer.
Assumer son destin dans le destin du monde
Mbengué Diakhaté Ndèye-Coumba
Filles du soleil.
Nouvelles Editions Africaines, 1980
Que ce poème réponde aux propos racistes et machistes d'Alain Destrem, un élu parisien méprisant et méprisable du 15ème arrondissement ...
Ndèye Coumba Mbengue Diakhaté a été institutrice et écrivaine Sénégalaise. Elle est décédée le 25 septembre 2001. La majeure partie du recueil "Filles du soleil" est composée de poèmes qui posent le problème de la condition sociale des femmes (L'Aveugle - mère , Mirage , Tu n'es qu'une femme , Négresse en laisse , Deux négresses ), mais évoque aussi la douleur face à la mort (Jeune femme morte , Veuve ce jour ). La dédicace du recueil est un poème à l'adresse d'une femme ayant perdu la vie en couches :
Ma soeur si douce!
Fleur à peine épanouie,
Mais très tôt perdit la vie,
Car voulant la donner
A Ndiar, nymphe des clairs de lune,
Et fille de Coumbam'lamb;
A toutes les filles de Râ,
Génitrices de chaleur.
Ventre en gésine,
Seins palpitants
De naissantes vies.
A l'Afrique-Coeur,
Mon coeur,
Et lumière du monde.
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jeudi, 19 février 2009
Et pourquoi pas une lecture marathon de "la nausée" rue du faubourg Saint-Honoré ?
“La chose, qui attendait, s'est alertée, elle a fondu sur moi, elle se coule en moi, j'en suis plein. - Ce n'est rien: la Chose, c'est moi. L'existence, libérée, dégagée, reflue sur moi. J'existe.
J'existe. C'est doux, si doux, si lent. Et léger: on dirait que ça tient en l'air tout seul. Ça remue. Ce sont des effleurements partout qui fondent et s'évanouissent. Tout doux, tout doux. Il y a de l'eau mousseuse dans ma bouche. Je l'avale, elle glisse dans ma gorge, elle me caresse - et la voila qui renaît dans ma bouche, j'ai dans la bouche à perpétuité une petite mare d'eau blanchâtre - discrète - qui frôle ma langue. Et cette mare, c'est encore moi. Et la langue. Et la gorge, c'est moi.
Je vois ma main, qui s'épanouit sur la table. Elle vit - c'est moi. Elle s'ouvre, les doigts se déploient et pointent. Elle est sur le dos. Elle me montre son ventre gras. Elle a l'air d'une bête à la renverse. Les doigts, ce sont les pattes. Je m'amuse à les faire remuer, très vite, comme les pattes d'un crabe qui est tombé sur le dos. Le crabe est mort: les pattes se recroquevillent, se ramènent sur le ventre de ma main. Je vois les ongles - la seule chose de moi qui ne vit pas. Et encore. Ma main se retourne, s'étale à plat ventre, elle m'offre à présent son dos. Un dos argenté, un peu brillant - on dirait un poisson, s'il n'y avait pas les poils roux à la naissance des phalanges. Je sens ma main. C'est moi, ces deux bêtes qui s'agitent au bout de mes bras. Ma main gratte une de ses pattes, avec l'ongle d'une autre patte ; je sens son poids sur la table qui n'est pas moi. C'est long, long, cette impression de poids, ça ne passe pas. Il n'y a pas de raison pour que ça passe. A la longue, c'est intolérable... Je retire ma main, je la mets dans ma poche. Mais je sens tout de suite, à travers l'étoffe, la chaleur de ma cuisse. Aussitôt, je fais sauter ma main de ma poche; je la laisse pendre contre le dossier de la chaise. Maintenant, je sens son poids au bout de mon bras. Elle tire un peu, à peine, mollement, moelleusement, elle existe. Je n'insiste pas: ou que je la mette, elle continuera d'exister et je continuerai de sentir qu'elle existe; je ne peux pas la supprimer, ni supprimer le reste de mon corps, la chaleur humide qui salit ma chemise, ni toute cette graisse chaude qui tourne paresseusement comme si on la remuait à la cuiller, ni toutes les sensations qui se promènent là-dedans, qui vont et viennent, remontent de mon flanc à mon aisselle ou bien qui végètent doucement, du matin jusqu'au soir, dans leur coin habituel.
Je me lève en sursaut : si seulement je pouvais m'arrêter de penser, ça irait déjà mieux. Les pensées, c'est ce qu'il y a de plus fade. Plus fade encore que de la chair. Ça s'étire à n'en plus finir et ça laisse un drôle de goût. Et puis il y a les mots, au-dedans des pensées, les mots inachevés, les ébauches de phrases qui reviennent tout le temps : "Il faut que je fini... J'ex... Mort... M. de Roll est mort... Je ne suis pas... J'ex..." Ça va, ça va... et ça ne finit jamais. C'est pis que le reste parce que je me sens responsable et complice. Par exemple, cette espèce de rumination douloureuse :
j'existe, c'est moi qui l'entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe. Oh ! le long serpentin, ce sentiment d'exister - et je le déroule, tout doucement... Si je pouvais m'empêcher de penser ! J'essaie, je réussis : il me semble que ma tête s'emplit de fumée... et voila que ça recommence :
"Fumée... ne pas penser... Je ne veux pas penser... Je pense que je ne veux pas penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée."
On n'en finira donc jamais ?
Ma pensée, c'est moi : voilà pourquoi je ne peux pas m'arrêter. J'existe par ce que je pense. .. et je ne peux pas m'empêcher de penser. En ce moment même - c'est affreux - si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existence. Les pensées naissent par derrière moi comme un vertige, je les sens naître derrière ma tête... si je cède, elles vont venir la devant, entre mes yeux - et je cède toujours, la pensée grossit, grossit, et la voilà, l'immense, qui me remplit tout entier et renouvelle mon existence. (...)
Je suis, j'existe, je pense donc je suis ; je suis parce que je pense, pourquoi est-ce que je pense ? je ne veux plus penser, je suis parce que je pense que je ne veux pas être, je pense que je... parce que... pouah!”
Jean-Paul Sartre - la nausée
tableau de Zdzislaw Beksinski
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mercredi, 18 février 2009
"Un roi illettré n’est qu’un âne couronné".
"Illiteratus rex quasi asinus coronatus est". Cette citation tirée de Politicratus, ouvrage de Jean de Salisbury écrit au XIIème siècle, est le nouveau slogan proposé par les universitaires en réponse au discours de Nicolas Sarkozy lors de ses voeux à l’éducation nationale où il a fustigé la lecture de "la princesse de Clèves"
"La culture... ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers." disait aussi André Malraux ! C'est pourquoi je vous soumets la lecture de ce tout petit extrait du livre qui fait tant souffrir notre président bling-bling.
Pour avoir l'intégralité du roman ... http://fr.wikisource.org/wiki/La_Princesse_de_Clèves
"Quelques jours après, le roi était chez la reine à l'heure du cercle ; l'on parla des horoscopes et des prédictions. Les opinions étaient partagées sur la croyance que l'on y devait donner. La reine y ajoutait beaucoup de foi ; elle soutint qu'après tant de choses qui avaient été prédites, et que l'on avait vu arriver, on ne pouvait douter qu'il n'y eût quelque certitude dans cette science. D'autres soutenaient que, parmi ce nombre infini de prédictions, le peu qui se trouvaient véritables faisait bien voir que ce n'était qu'un effet du hasard.
— J'ai eu autrefois beaucoup de curiosité pour l'avenir, dit le roi ; mais on m'a dit tant de choses fausses et si peu vraisemblables, que je suis demeuré convaincu que l'on ne peut rien savoir de véritable. Il y a quelques années qu'il vint ici un homme d'une grande réputation dans l'astrologie. Tout le monde l'alla voir ; j'y allai comme les autres, mais sans lui dire qui j'étais, et je menai monsieur de Guise, et d'Escars ; je les fis passer les premiers. L'astrologue néanmoins s'adressa d'abord à moi, comme s'il m'eût jugé le maître des autres. Peut-être qu'il me connaissait ; cependant il me dit une chose qui ne me convenait pas, s'il m'eût connu. Il me prédit que je serais tué en duel. Il dit ensuite à monsieur de Guise qu'il serait tué par derrière et à d'Escars qu'il aurait la tête cassée d'un coup de pied de cheval. Monsieur de Guise s'offensa quasi de cette prédiction, comme si on l'eût accusé de devoir fuir. D'Escars ne fut guère satisfait de trouver qu'il devait finir par un accident si malheureux. Enfin nous sortîmes tous très malcontents de l'astrologue. Je ne sais ce qui arrivera à monsieur de Guise et à d'Escars ; mais il n'y a guère d'apparence que je sois tué en duel. Nous venons de faire la paix, le roi d'Espagne et moi ; et quand nous ne l'aurions pas faite, je doute que nous nous battions, et que je le fisse appeler comme le roi mon père fit appeler Charles-Quint.
Après le malheur que le roi conta qu'on lui avait prédit, ceux qui avaient soutenu l'astrologie en abandonnèrent le parti, et tombèrent d'accord qu'il n'y fallait donner aucune croyance."
Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, deuxième partie
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lundi, 01 septembre 2008
Big brother (ou plutôt Edvige) is watching you !!!
Photo de Vic Polsinelli sur http://www.vicgallery.com
"Monsieur le procureur de la République,
J'ai l'honneur de porter ci-dessous à votre connaissance une liste d'individus, groupes, organisations et personnes morales, dont moi, qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public.
Cette liste est disponible sur le site de la pétition "Non à Edvige!", circulant sur Internet.
Veuillez agréeer, Monsieur le procureur de la République, mes plus viles salutations."
Car signer une pétition contre un fichier destiné à "protéger l'ordre public", ne serait-ce pas déjà se montrer susceptible de troubler l'ordre public ? Il faut donc absolument dénoncer tous les signataires de la pétition anti-Edvige qui méritent légalement de figurer sur ce fichier. Combien de noms déjà ? Plus de 90 000 ! Une bonne prise n'est-ce pas ? Non mais !!!
Car depuis le début de l'été, associations et syndicats se mobilisent contre le fichier Edvige (littéralement: Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale), appelant à signer la pétition "Non à Edvige!" circulant sur Internet, et un recours a été déposé vendredi devant le Conseil d'Etat pour obtenir le retrait pur et simple de ce nouveau fichier considéré comme «liberticide»
Jusqu’ici étaient fichées "les personnes majeures qui, par leurs actions violentes, étaient susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’Etat". Eh bien désormais le gouvernement, c'est-à-dire les renseignements généraux et les services de police, et non pas la justice (or, en démocratie, c’est le juge qui est le garant des libertés individuelles), pourront ficher les personnes "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public". Ainsi, participer à une manifestation sera, selon le texte, une raison suffisante pour être fiché …
Le texte vise également toute personne "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif." ... Bref, tout citoyen (et d'ailleurs aussi toute institution) faisant preuve ou ayant fait preuve d'un quelconque engagement dans la vie sociale ! Et ce à partir de l'âge de ... 13 ans ! Dont on stockera et croisera les informations d'état civil, de profession, les signes physiques particuliers, les photographies, le "comportement", l'immatriculation des véhicules, les adresses, numéros de téléphone et adresses électroniques, informations fiscales et patrimoniales, les déplacements, etc. ... ce qui n'est pas sans rappeler les fiches du ministre Foucher qui comportait renseignements, dénonciations et calomnies sur tout individu suspecté de ne pas être un bon sujet de l’Empire.
Et comme si cela n'est pas suffisant, on stockera aussi les données relatives à leur environnement, notamment aux personnes "entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.... Donc, si vous côtoyez une personne susceptible de "porter atteinte à l’ordre public", par exemple votre frère ou votre sœur qui manifeste contre la vie chère, vous pourrez être fiché.
Et qui aura accès à ces infos ? Réponse simple, tout le monde ou presque ! Puisque en plus des services spécialisés (services d'information générale de la direction centrale de la sécurité publique ou des directions départementales de la sécurité publique), le texte prévoit aussi "tout autre agent d'un service de la police nationale ou de la gendarmerie nationale, sur demande expresse" ... seule limite prévue par le décret : "dans la limite du besoin d'en connaître". Tu parles d’une garantie !
Vous n'y croyez pas ? eh bien cliquez ici pour télécharger le décret créant ce fameux fichier EDVIGE
Big brother is watching you !!! Fait rare, la Commission Nationale Informatique et libertés, a publié un communiqué faisant part de ses désaccords.
Alors signez et faites signez la pétition "Non à EDVIGE!" , qui regroupe près de 700 organisations, collectifs, partis et syndicats contre ce fichier qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit.
A suivre : le 9 septembre, conférence de presse publique du collectif "Non à EDVIGE", à 11 heures à la Bourse du travail.
03:08 Publié dans coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 juillet 2008
Le sexisme multi-récidiviste du Conseil Général des Yvelines !
Vous vous souvenez peut être de la campagne sexiste de juillet 2007 du Conseil général des Yvelines "I love techno" ? Eh bien le Conseil Général des Yvelines présidé par Monsieur (mérite-t-il ce titre ?) Pierre Bédier, persiste encore plus lourdement encore ! Mais pourquoi se gêner, la Ministre Valérie Pécresse n'y avait trouvé rien à redire ...Cette fois-ci il s’agit de plusieurs visuels destinés aux diplômé(e)s des grandes écoles à coup de jeux de mots sexistes et de mauvais goût qui font penser à un quelconque "Éros center" plutôt qu'à une grande école.
Cette nouvelle utilisation sexiste, vulgaire et ringarde d'une image de femme prouve encore une fois le mépris dans lequel Bédier tient la moitié des habitants de son département !
En effet cette publicité réduit la femme à un objet sexuel, faisant oublier qu’elle a intellectuellement les mêmes capacités que les hommes. Ensuite, elle suggère que les diplômés des grandes écoles sont attirés par les femmes et donc que les diplômés des grandes écoles sont forcément des hommes ! Par cette publicité il contribue à faire perpétuer des préjugés malheureusement largement partagés qui suggèrent que les femmes n’ont pas la même légitimité à faire des études et à diriger des entreprises que les hommes. C’est d’autant plus regrettable que cette publicité s’adresse à des populations comportant de nombreuses personnes en situation de responsabilité, arbitres des promotions des femmes à l’intérieur des entreprises et des administrations.
Cette publicité est également une apologie du viol, puisqu'un de ces slogans suggère "hacke moi si tu peux" or, "hacker" c'est pénétrer par effraction !
Et bien entendu cette campagne est payée par les habitants du département qui, pour moitié, sont des femmes ... mais on saura s'en souvenir avec nos bulletins de vote ! we can do it!
Vous voulez voir ces nouveaux visuels ? rendez-vous ici
Vous avez envie de protester ? Chaque geste compte !
Envoyez votre protestation au président du Conseil Général des Yvelines, Monsieur Pierre Bédier à cette adresse : communication@cg78.fr
ou par courrier (c’est plus efficace) à M. Pierre Bédier, président du Conseil Général des Yvelines, 2 Place André Mignot 78012 VERSAILLES Cedex
Et si ça vous tente, vous pouvez aller faire un tour sur le site des Yvelines. Il a un livre d’or qui ne dit que du bien. Certes, il est modéré … mais si vous voulez y déposer votre avis …
Et si vous voulez lire des réactions, allez sur le site de la Meute contre la pub sexiste : celles de 2008 sont en bas de la page ...
Serrons-nous les coudes !
19:53 Publié dans Bonnet d'âne, coup de gueule, femmes, militance, mobilisation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 28 janvier 2008
Ballade à l'étang des Noës
Week-end ensoleillé qui donne envie de se balader ... direction l'étang des Noës !
Créé par Vauban en 1684, il fait partie d’un ensemble de lacs et d'étangs qui permettaient, jusqu'en 1977, de récupérer les eaux de pluie de Rambouillet à Trappes pour alimenter les fontaines et bassins du parc du château de Versailles.
Son rôle était de collecter les eaux du plateau de Maurepas et d’une partie de celui de Coignières. En amont, le réseau comprenait les étangs de Saint-Hubert, Pourras, Corbet, de Hollande, de la Tour et du Perray. Le drainage s’effectuait grâce à des rigoles, et ce chapelet d’étangs était relié par un “grand lit de rivière”, collecteur permettant d’alimenter l’étang de Trappes et, de là, les réservoirs de Montbauron. L’ensemble des étangs supérieurs comprenait 15 étangs, soit près de 200 km de rigoles et 25 aqueducs recueillant les eaux de surface de près de 13 000 hectares. Il était même prévu de prolonger ce système jusqu’à l’Eure par Maintenon, mais les travaux ne furent jamais achevés à cause des guerres et de la fin du règne de Louis XIV.
Un peu d'histoire
Quand, en 1661, Louis XIV âgé de vingt-trois ans accède enfin au trône, son choix est de transporter sa cour à Versailles, où ses parties de chasse l'ont souvent amené à se reposer dans un petit château de briques construit par son père en plein marais. Décision est prise d'y construire un nouveau château, mais aussi des jardins à la française, avec jeux de fontaines, de cascades et de jets d’eau ! mais Versailles est située dans un fond de vallon et ne bénéficie que du mince apport hydraulique du rû de Clagny. La course à l’eau est donc lancée et elle mobilisera pendant environ trente ans les savants, les ingénieurs et les techniciens les plus brillants de l’époque.
Colbert se mit donc à la tâche, de grands travaux sont lancés pour collecter, amener, stocker et même pomper par des moulins à vent les eaux des alentours. Mais cela ne suffisait pas, et le surintendant porta son attention à différents projets qui promettaient d’apporter une quantité plus importante d’eau. Parmi tous ces projets gigantesques, Ricquet, célèbre par la création du canal du Midi, proposa d’amener la Loire à Versailles. Colbert fut séduit et les travaux allaient être exécutés, moyennant la somme de deux millions quatre cent mille livres quand l'abbé Picard, brillant astronome membre de l'académie des sciences, affirmaque la chose était impossible, qu'il avait nivelé le terrain fort légèrement à la vérité, mais suffisamment pour pouvoir assurer qu'il n'y avait pas assez de pente pour amener l'eau jusqu'à Versailles. Colbert, prudent, fit donc réaliser une vérification par l’abbé Picard, qui avait créé des instruments de précision permettant des observations astronomiques et géodésiques, en particulier un niveau à lunettes pour la mesure des hauteurs du sol, avec précision de l’ordre d’1 cm par km.
L’abbé Picard alla calculer la pente qu’il pouvait y avoir de la Loire à Versailles. Les opérations eurent lieu en 1674 et démontrèrent que le niveau de la Loire au-dessus de Briare où Ricquet pensait le drainer était plus bas que celui du parc de Versailles et ce projet fut abandonné. Colbert demande alors à l'abbé Picart de faire des nivellements sur les plateaux environnants. Celui-ci découvre que les plaines de Trappes et Bois-d'Arcy sont à cinq mètres au-dessus du niveau du plus haut réservoir du château, situation permettant de collecter et d'acheminer de nouvelles quantités d'eau. Colbert donne l'ordre de commencer les travaux en 1677. ...
Une formidable réserve écologique
L’étang est une réserve écologique qui abrite 266 espèces de plantes et 96 espèces d’oiseaux (sur 354 en Ile-de-France). C'est pour cela qu'il est classé Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique (ZNIEFF)
On y observe des milieux très variés : bois et lisières, prairies et roselières, mares, fossés et eaux libres.
Sur la rive sud de l'étang, on trouvent 270 espèces végétales, dont deux protégées au niveau régional, le Pâturin des marais et la Stellaire glauque.
L'étang accueille 96 espèces d'oiseaux en quête d'alimentation, des oiseaux nicheurs sédentaires et des migrateurs et 14 espèces de libellules ...
On peut observer notamment la Rousserolles effarvattes, Phragmites des joncs, Bouscarles de Cetti et Grèbes Huppés qui résident et nichent dans les roselières de l'étang. Le cri de ces derniers annonce dès le mois de février le début des parades amoureuses qui l'entraînent dans d'étonnantes cérémonies avec sa nouvelle compagne. Le couple fabrique le nid flottant dans la roselière, couve en alternance et promènera à tour de rôle les grébetons cachés sous les plumes du dos.
D'autres espèces comme la Foulque macroule, le Bruant des roseaux et la Fauvette babillarde ont élu domicile aux Noës, rejoints à l’automne par le Canard souchet.
Plus communs, des canards Colvert et même un grand cygne blanc sont venus à ma rencontre, histoire de voir si je n'avais pas un peu de nourriture à leur donner ...
Malgré sa faible profondeur (87cm en moyenne) l'étang abrite aussi un grand nombre de poissons : brèmes, gardons, carpes, goujons, tanches, rotengles, perches, sandres, brochets et silures ... qui satisfont l'appétit des oiseaux et la passion des pêcheurs !
Le sentier PR 19 longeant l’étang au sud et à l’est, emprunte une remarquable allée plantée de pins noirs et pins sylvestres.
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vendredi, 18 janvier 2008
Le bal des faux culs
Alors que l’on s’apprête à enterrer le vote du 29 mai 2005, je reprends à mon compte ce titre de Politis car certains de mes camarades socialistes continuent vraiment à nous prendre pour des cons!
Entre Manuel Valls et Jacques Lang qui votent les yeux fermés le nouveau traité, Ségolène Royal qui renie sans vergogne ses engagements de campagne, il existe heureusement encore des camarades qui ont le sens de la légitimité démocratique et sauvent un peu l’honneur du PS. En effet, 51 députés PS, dont Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Arnaud Montebourg et Michel Vauzelle ont voté contre afin de protester contre la décision du président Nicolas Sarkozy de passer par la voie parlementaire pour ratifier le nouveau traité et non par référendum.
Henri Emmanuelli, lui, ne mâche pas ses mots dans l’interview qu’il donne au journal Libération de mardi. Revenant sur le boycott du Congrès, il juge cette position « incompréhensible ». Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il faut aller à Versailles pour voter non à la révision de la constitution afin d’exiger un référendum sur le nouveau traité. Qu’il parle de Jean-Marc Ayrault, François Hollande ou Ségolène Royal, Emmanuelli n’est pas tendre. « Je sais que ceux qui l’ont menée (ndlr : la campagne) pour le oui n’ont jamais admis le vote du peuple français. Mais qu’ils aient le courage de le dire et qu’ils arrêtent d’expliquer que ceux qui veulent le faire respecter sont des tacticiens. » Et on comprend pourquoi Henri Emmanuelli veut proposer que lors du prochain congrès socialiste, « le futur ou la future secrétaire s’achète une boussole ». Si c’est pour se diriger vers la droite, nul besoin. Le PS est pour l'instant dans la bonne direction.
A lire aussi "la peur du peuple" l'édito de Denis Siffert dans Politis
Et pour finir, une petite citation : "On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse." (Otto von Bismarck)
02:42 Publié dans chronique à gauche, coup de gueule, mobilisation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











