lundi, 21 mai 2007
Le fuyard, le shérif et le tueur, un désert au sud du Texas, des cadavres, des voitures, de l'héroïne et de l'argent, la vie et la mort ...
"J'ai envoyé un homme à chambre à gaz à Huntsville. Un seul et rien qu’un. C’est moi qui l'ai arrêté et il a été condamné sur mon témoignage. Je suis allé là-bas et je lui ai rendu visite deux ou trois fois. Trois fois. La dernière c'était le jour de son exécution. Je n'étais pas obligé mais j'y suis allé. Sûr que ça ne me disait rien. Il avait tué une gamine de quatorze ans et je peux dire et il n'y a aucun doute là-dessus que je n'avais pas tellement envie d'aller le voir et encore moins d'assister à son exécution mais je l'ai fait. Les journaux parlaient de crime passionnel et lui voilà qu'il me dit que ça n'a rien à voir avec la passion. Il sortait avec cette gosse. Une jeunesse. Lui il avait dix-neuf ans. Et il m'a dit qu'il avait prévu de tuer quelqu’un depuis plus longtemps qu'il pouvait s'en souvenir. II disait que si on le relâchait il recommencerait. Il disait qu'il le savait qu'il irait droit en enfer. C'est ce qu'il m'a dit je l'ai entendu de sa propre bouche. Je ne sais pas comment il faut comprendre ça. Bien sûr que je n’en savais rien. J’ai pensé que je n'avais jamais vu quelqu’un de pareil et je me suis dit que c'était peut-être une nouvelle espèce. J'ai regardé quand ils l'ont attaché sur le siège et qu'ils ont refermé la porte. Il avait peut-être l'air un peu nerveux mais c’était à peu près tout. Je crois vraiment qu'il savait qu’il allait se retrouver un quart d'heure après en enfer. J’en suis persuadé. J'ai beaucoup réfléchi là-dessus. C'était facile de lui parler. Il m'appelait Shérif. Mais je ne savais pas quoi lui dire. Quoi dire à un type qui de son propre aveu n’a pas d'âme?À quoi bon lui parler?J’ai pas mal réfléchi à tout ça. Mais lui c'était rien comparé à ce qui allait nous tomber dessus.
On dit que les yeux c'est les fenêtres de l'âme. Je me demande de quoi ces yeux-là étaient les fenêtres et je crois que j'aime mieux ne pas le savoir. Mais il y a un peu partout une autre vision du monde et d'autres yeux pour le voir et on y va tout droit. Ca m'a amené à un moment de ma vie auquel j'aurais jamais pensé que j'arriverais un jour. Y a quelque part un prophète de la destruction bien réel et vivant et je ne veux pas avoir à l'affronter. Je sais qu’il existe. J'ai vu son œuvre. Je me suis trouvé une fois en face de ces yeux-là. Et je ne recommencerai pas. Et je ne vais pas pousser tous mes jetons sur le tapis et me lever pour le défier. Ce n'est pas seulement à cause de mon âge. Je voudrais bien que ce soit ça la raison. Je ne peux même pas dire qu’il s'agit de savoir à quoi on est prêt. Parce que j'ai toujours su qu’iI faut être prêt à mourir rien que pour faire ce métier. Ça a toujours été vrai. Ce n'est pas pour me vanter ni rien mais c'est comme ça. Si t'es pas prêt ils le sauront. Ils le verront. En un clin d'œil. Je crois plutôt qu'il s'agit de savoir ce qu'on accepte de devenir. Et je crois qu’il faudrait jouer son âme. Et ça je ne le ferai pas. Je pense à présent que je ne le ferai sans doute jamais."
Cormac McCarthy - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (Editions de l'Olivier)
Décernés en avril dernier, les prix Pulitzer doivent être remis aujourd'hui à l'Université de Columbia, dans différents domaines, allant du journalisme à la musique. En journalisme, ce prix est considéré parmi les plus prestigieux.
Parmi ses bénéficiaires les plus célèbres en littérature, citons Margaret Mitchell pour Autant en emporte le vent (1937), John Steinbeck pour les Raisins de la colère (1940), Tennessee Williams pour Un tramway nommé Désir en 1948 et pour La Chatte sur un toit brûlant en 1955, Ernest Hemingway pour le Vieil Homme et la mer (1953), William Faulkner pour Parabole (1955) et Les larrons (1963) ...
Mais cette année Columbia rejoint Cannes puisque Ethan et Joel Coen y présentent leur dernier film adapté du roman "No Country For Old Men", de Cormac McCarthy qui a obtenu le prix Pulitzer 2007 pour un autre de ses romans, "the road".
14:47 Publié dans cinéma, litterature | Lien permanent | Commentaires (0) |
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En Juin, c'est le Mois MOLIERE à Versailles
Depuis 12 ans, en Juin à Versailles, c'est le Mois MOLIERE !
Venues de toute la France, et parfois même de l’étranger, les meilleures compagnies de Commedia dell’Arte comme les jeunes troupes y trouvent un tremplin unique. Ce sera de nouveau le lieu de création de nombreuses pièces ou de reprises de pièces récentes.
La comédie sera partout présente, tous les quartiers étant investis, pour des spectacles de théâtre bien sûr, mais aussi de musique et de danse,.que l'on peut le plus souvent voir en famille ... et généralement gratuits dans les Grandes Écuries et dans les quartiers ! Pour ceux payants, les prix s’échelonnent entre 6 et 15 €, selon les spectacles. Et le dimanche à midi, vous pourrez même amener votre pique-nique pour profiter des parcs et jardins avant le spectacle !
Bien sûr, en contrepartie, il faudra admettre quelques contraintes : l’annulation en cas d’intempéries trop fortes, les éventuelles files d’attente et le fait que vous ne pourrez entrer que dans la limite des places disponibles ..., le fait aussi que ces spectacles ne présenteront jamais de vedettes médiatiques, trop chères. Mais au final la magie du spectacle qui permet de faire partager les richesses de notre culture au plus grand nombre.
Détail du programme sur http://www.moismoliere.com/ ou cliquez pour avoir accès au programme ou au dossier de presse
06:30 Publié dans coup de coeur, litterature, musique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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