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vendredi, 21 avril 2006

A pied à l'école, à pedibus

medium_pedibus3.jpgEn France, 40 % des déplacements des écoliers du primaire vers l'école se font en voiture - contre 10% il y a vingt ans. Il s'agit de distances généralement très courtes : en moyenne, les élèves des classes élémentaires habitent dans un rayon de 500 à 1 000 mètres de leur école … Or, les premiers kilomètres sont les plus polluants, et deux tiers des accidents mortels surviennent au cours d’un trajet de moins de 10 km, à proximité du domicile.

Alors, aller à l’école à pied, saugrenue comme idée, non ? Appelez cette activité "Pédibus", mettez des chasubles fluos aux parents encadrant des groupes d’enfants allant à pied à l’école, et vous comprendrez mieux ce qui se passe dans un nombre croissant de communes depuis quelques mois ! Pas de moteur, mais des parents accompagnateurs à tour de rôle, une ligne, des arrêts, un horaire, un véritable "bus de ramassage scolaire pédestre" … Tout pour se rendre à l’école et en revenir sous surveillance, sans danger et sans polluer.

22:55 Publié dans à méditer | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

mardi, 18 avril 2006

Simplification

Si on range de côté : le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, le jour et la nuit.

Le chaud, le froid, les arbres, les montagnes, les animaux, les fleurs, les rivières, les cailloux, les bulles; les hommes, les villes, les livres, les véhicules, la nourriture, les yeux, les films

Bref, si on tasse toutes ces choses dans un cube bien étanche, il restera encore :

Les balais, les roues dentées, les nids d'oiseaux, les nuages, les bébés, les routes, les courants d'air, les médicaments.

Et si on rajoute tout cela à ce qui stagne déjà dans le cube, il restera encore :

Les stylos à bille, Saturne, les coquilles d'escargot, les extra-terrestres, les futurs livres, les graines.

Et si on insiste, si on ramasse tous les objets vivants ou morts pour les fourrer dans le cube, on aura encore oublié :

Les momies, les châteaux-forts, les feuilles mortes, les plumes, les bouées, les fossiles, les écorces, les neiges éternelles.

Et si on s'obstine, si on aspire tout cela, on verra errer encore :

Les fractions d'idées, les univers calfeutrés, les horizons défaits.

Et si l'on arrive – par quel exploit! – à concentrer tout cela dans le cube, il sera toujours possible d'entendre :

Les chocs des vents contraires, les gémissements des îles, le cri de la pesanteur.

Et si – quelle performance ! – on enregistre tous ces bruits jusqu'à les neutraliser, il restera encore :

Le silence, c'est-à-dire la lourde digestion du monde.

Jean-Luc Coudray

(Nona)

éditions L'amourier