vendredi, 12 janvier 2007
" Assassinat commis par le prince Pierre Napoléon Bonaparte sur le citoyen Victor Noir ".
"J'ai eu la faiblesse de croire qu'un Bonaparte pouvait être autre chose qu'un assassin ! J'ai osé m'imaginer qu'un duel loyal était possible dans cette famille où le meurtre et le guet-apens sont de tradition et d'usage. Notre collaborateur Paschal Grousset a partagé mon erreur, et aujourd'hui nous pleurons notre pauvre et cher ami Victor Noir, assassiné par le bandit Pierre-Napoléon Bonaparte.
Voilà dix-huit ans que la France est entre les mains ensanglantées de ces coupe-jarrets qui, non contents de mitrailler les républicains dans les rues, les attirent dans des pièges immondes pour les égorger à domicile. Peuple français, est-ce que décidément tu ne trouves pas qu'en voilà assez ?" Henri Rochefort (le quotidien "la Marseillaise", le 11 janvier 1870).
Victor Noir, pseudonyme de Yvan Salmon (1848-1870), journaliste à La Marseillaise mort à l'âge de vingt-deux ans, est resté célèbre pour les circonstances de son décès et une caractéristique de sa pierre tombale … Le prince Pierre Bonaparte, fils de Lucien Bonaparte, neveu de Napoléon 1er et cousin de Napoléon III, s'estimant diffamé par un article de La Marseillaise, provoque en duel son rédacteur en chef, Pascal Grousset. Ce dernier envoie Victor Noir et un ami au domicile du prince, 9, rue d'Auteuil, en vue d'organiser le duel. L'entrevue se passe mal. Victor Noir, semble-t-il, lève sa canne sur le prince et celui-ci, se saisissant d'un pistolet, fait feu sur le jeune homme et le tue net. Pierre Bonaparte, connu pour son tempérament très violent, sera néanmoins acquitté par la Haute Cour de justice le 21 mars 1870.
Victor Noir est d'abord enterré le 12 janvier 1870 dans le cimetière de Neuilly, et l'émotion de la foule débouche sur de violentes manifestations hostiles à l'Empire et à Napoléon III. En 1885 une cérémonie commémorative a lieu et les restes de celui que beaucoup considéraient comme un martyr de la foi républicaine, sont transférés au Père Lachaise dans un tombeau payé par une souscription nationale. C'est à Jules Dalou, ancien élève de Carpeaux, que fut confiée la réalisation du monument. Avec beaucoup de réalisme, il choisit de représenter le jeune Victor Noir allongé sur une dalle, en habit de cérémonie tel qu'il avait été découvert blessé à mort. La tombe de Victor Noir jouit depuis cette date d'une popularité qui ne se dément pas ! On dit qu'aujourd'hui encore, des jeunes filles et des femmes en mal d'amour viennent, par superstition, effleurer une certaine protubérance du gisant sculpté par Jules Dalou (ce qui explique l'usure du bronze à cet endroit). Celles qui ont vu leurs vœux exaucés ne manquent pas de fleurir la tombe du "séduisant" journaliste.
"Un passé lisse, une femme modèle, des amis précieux, une probité à toute épreuve, une implantation locale, un bon bilan, un parti à sa dévotion, une ambition... A force de manipulation et de séduction des médias, Nicolas Sarkozy s'est façonné une image d'homme politique qui sait " ce que pensent vraiment les Français " et ne se prive pas de le dire tout haut.
Aujourd'hui ministre de l'Intérieur, président de l'UMP, président du conseil général des Hauts-de-Seine et conseiller municipal de Neuilly, serait-il, en outre, l'homme providentiel capable de préserver la droite de ses vieux démons ? Certes, " Sarko " séduit. Mais il faudrait être de bien mauvaise foi pour s'imaginer qu'une telle ambition se bâtit sur des sourires et des poignées de main. Il faut beaucoup de moyens, et peu de scrupules - une méthode, un système.
C'est précisément à cette face moins apparente du personnage, rarement évoquée dans les abondantes pages que la presse lui consacre, que s'intéresse ce livre. Qu'il s'agisse des dessous de son fief des Hauts-de-Seine, de son activité d'avocat d'affaires, de ses fréquentations - pas toujours fréquentables -, de ceux qui lui sont proches ou qui le sont moins aujourd'hui, on trouvera ici tout ce qui manque à son portrait officiel.
Longtemps on a fait à Nicolas Sarkozy la réputation d'un Iago, d'un Brutus, prêt à tuer son père. Aujourd'hui, alors que ses mentors semblent passer la main. les uns après les autres, c'est à un combat fratricide qu'il se prépare. Mais Brutus est-il enfin prêt à devenir César ?" Victor Noir est le nom donné à un collectif de journalistes d'investigation à Libération et au Parisien, qui a écrit "Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus", paru en octobre 2006.
Auteuil, un journaliste symbole d’un soulèvement populaire contre l’Empire … une coïncidence ?
04:30 Publié dans chronique à gauche, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) |
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jeudi, 11 janvier 2007
Un chien est mort
Mon chien est mort.
Je l'ai enterré au jardin
près d'un vieil engin sous la rouille.
Là, ni plus bas, ni plus haut,
un jour il me retrouvera.
Pour le moment
il est parti avec son poil,
avec ses airs mal élevés et son nez froid.
Et moi qui ne crois pas, matérialiste,
au ciel promis, au ciel céleste pour aucun homme quel qu'il soit
pour ce chien ou tout autre chien je crois au ciel,
oui, je crois en un ciel
où je n'entrerai pas,
mais où il m'attend lui en agitant la queue
ainsi qu'un éventail
pour qu'à mon arrivée
l'affection m'y accueuille.
Ah je ne dirai pas ma tristesse ici-bas
celle d'avoir perdu un brave compagnon,
car il ne fut jamais pour moi un serviteur.
Il eut à mon égard une amitié de hérisson
gardant sa suzeraineté,
une amitié d'étoile indépendante
sans autre intimité que celle nécessaire,
sans exagérations:
il ne grimpait pas sur mon linge
me couvrant de poils ou de gale,
il ne se frottait pas à mes genoux
comme les obsédés sexuels à quatre pattes.
Non, mon chien, lui, me regardait
m'accordant l'attention dont j'ai besoin,
l'attention nécessaire
pour faire comprendre à un vaniteux
que dans sa condition de chien,
avec ces yeux-là,
plus purs que les miens,
il perdait son temps,
pourtant il me regardait de ce regard
que m'avait réservé toute sa douce vie poilue,
sa vie de silencieux, près de moi,
sans jamais m'importuner ni rien me demander.
Ah!que j'ai regretté souvent de n'avoir pas de queue
pour vagabonder avec lui sur les rivages,
l'Hiver, à l'Ile-Noire, dans la solitude infinie :
là-haut, l'espace est traversé d'oiseaux glacials
et mon chien bondit, hirsute,
chargé d'un voltage marin plein de mobilité :
mon chien errant et renifleur qui arbore sa queue dorée
face à face avec l'Océan et son écume.
Joyeux, joyeux,
joyeux comme les chiens savent être heureux,
sans plus d'histoire, avec le naturel tout-puissant de l'effronterie.
Il n'y a pas d'adieu pour mon chien disparu.
Il n'y a, il n'y eut de mensonges entre nous.
Il est mort, je l'ai enterré.
Voilà, c'est tout.
Pablo Neruda, la rose détachée, traduction de Claude Couffon.
18:07 Publié dans Elise, poèmes | Lien permanent | Commentaires (3) |
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mercredi, 10 janvier 2007
Les vieilles douleurs
01:28 Publié dans Bavardage, musique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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lundi, 08 janvier 2007
Dernier espoir
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, -
Qui flotte au long d'une humble pierre.
Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair
Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :
Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps - qui passe - recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !
Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?
Paul Verlaine
mort un 8 janvier
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