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dimanche, 28 décembre 2008

La révolte des joujoux

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Ma mère, qui était fan d'André Dassary, me chantait cette berceuse ...

 

 

 

On vient d'éteindre la lumière

Bébé succombe à son sommeil

Mais les joujoux très en colère

Dans leur placard tiennent conseil

 

 

 

Les joujoux font grève, ils en ont assez

D'être tracassés et fracassés

Le ballon qu'on crève

La poupée qu'on bat

Son lassés des jeux et des combats

 

 

 

Le pompier n'a plus d'échelle

Le tambour est plein de trous

Le cheval n'a plus de selle

Et l'auto n'a plus de roue

 

Mais ils se soulèvent contre cet enfant

Il va voir comment on se défend

 

 

 

Le placard entrouvre sa porte

Ça grince un peu, ma fois tant pis

Et voilà que les joujoux sortent

Sautant sans bruit sur le tapis

 

 

 

Les joujoux discutent pour savoir comment

Ils vont préparer leurs armements

Pour mener la lutte un chef est nommé

C'est un vieil indien tout déplumé

 

 

 

Le pompier fourbit sa lance

Le tambour bat le rappel

Le cheval déjà s'élance

Le moment est solennel

Quittant leur cahute ils forment les rangs

Le mot d'ordre étant : "mort au tyran"

 

 

 

Le chef a dit marchons en ordre

Vers celui qui nous démolit

Pour le griffer et pour le mordre

Nous grimperons aux draps de lit

 

 

 

Mais l'enfant sommeille

Tendre et gracieux

Comme un chérubin tombé des cieux

Devant ces merveilles, les joujoux surpris

Se sont arrêtés tout attendris

 

 

 

Le pompier dit : "tout de même

Un bébé c'est bien gentil"

Le tambour dit :"moi je l'aime"

Alors ils sont repartis

 

 

 

Quand l'enfant s'éveille

Vers huit heures un quart

Les joujoux sont tous

Dans le placard !

 

 

 

paroles de Christian Webel, musique de Claude Pingault - 1936

 

vendredi, 26 décembre 2008

Morale du joujou

capbxwk8.jpgEn cette période de Noël, un petit extrait d'un texte de Charles Baudelaire ... l'intégralité de ce texte sur http://www.bmlisieux.com/litterature/baudelaire/moraljou....

"Le joujou est la première initiation de l'enfant à l'art, ou plutôt c'en est pour lui la première réalisation, et, l'âge mûr venu, les réalisations perfectionnées ne donneront pas à son esprit les mêmes chaleurs, ni les mêmes enthousiasmes, ni la même croyance.

Et même, analysez cet immense mundus enfantin, considérez le joujou barbare, le joujou primitif, où pour le fabricant le problème consistait à construire une image aussi approximative que possible avec des éléments aussi simples, aussi peu coûteux que possible : par exemple le polichinelle plat, mû par un seul fil ; les forgerons qui battent l'enclume ; le cheval et son cavalier en trois morceaux, quatre chevilles pour les jambes, la queue du cheval formant un sifflet et quelquefois le cavalier portant une petite plume, ce qui est un grand luxe ; - c'est le joujou à cinq sous, à deux sous, à un sou. - Croyez-vous que ces images simples créent une moindre réalité dans l'esprit de l'enfant que ces merveilles du jour de l'an, qui sont plutôt un hommage de la servilité parasitique à la richesse des parents qu'un cadeau à la poésie enfantine ?

Tel est le joujou du pauvre. Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner solitairement sur les grandes routes, remplissez vos poches de ces petites inventions, et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre, ils douteront de leur bonheur ; puis leurs mains happeront avidement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. C'est là certainement un grand divertissement.

À propos du joujou du pauvre, j'ai vu quelque chose de plus simple encore, mais de plus triste que le joujou à un sou, - c'est le joujou vivant. Sur une route, derrière la grille d'un beau jardin, au bout duquel apparaissait un joli château, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance, et le spectacle habituel de la richesse rendent ces enfants-là si jolis qu'on ne les croirait pas faits de la même pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. À côté de lui gisait sur l'herbe un joujou splendide aussi frais que son maître, verni, doré, avec une belle robe, et couvert de plumets et de verroterie. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou, et voici ce qu'il regardait : de l'autre côté de la grille, sur la route, entre chardons et orties, il y avait un autre enfant, sale, assez chétif, un de ces marmots sur lesquels la morve se fraye lentement un chemin dans la crasse et la poussière. À travers ces barreaux de fer symboliques, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or ce joujou que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, était un rat vivant ! Les parents par économie, avaient tiré le joujou de la vie elle-même."

BAUDELAIRE, Charles (1821-1867) : Morale du joujou (in Le Monde littéraire, 17 avril 1853). 

jeudi, 25 décembre 2008

Noel

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Dis, Bébé, ce que ta menotte

Trouva ce matin dans la botte

Près de ton petit berceau doux?

Joujoux !

 

Confiez-nous aussi, ma chère,

Ce que dans la mule légère

Noël a déposé pour vous ?

Bijoux !

 

Et devant l'âtre misérable

Qu'as-tu trouve, toi, pauvre diable,

Au fond de tes deux souliers roux ?

Des trous !

 

Miguel Zamacoïs (1866 -1955).