dimanche, 29 octobre 2006
Principe de précaution mycologique?
«Ne pas ramasser un champignon s'il existe le moindre doute sur son identification". C'est ce qu'on entend sur toutes les ondes depuis que dix personnes ont été hospitalisées ces deux dernières semaines, dont une a dû subir une greffe du foie après avoir mangé des champignons toxiques ramassés dans les bois. "Ne pas consommer les récoltes qui ne sont pas contrôlées par un spécialiste", a rappelé la préfecture. Prudence donc, oui mais à qui s'adresser? Autrefois on disait d'aller demander au pharmacien … mais, principe de précaution oblige, il vous répondra de tout jeter ! Je sais, j'ai testé un jour en mélangeant à ma récolte un petit cep, certes pas en très bon état mais pas toxique du tout … et il n'a pas su le reconnaître!
Alors que faire de ma récolte du jour dans mon jardin? J'ai regardé un tas de sites spécialisés, mais échaudée par les nouvelles alarmistes des médecins, je n'ose pas les reconnaître parmi la foule de photos exposées. Chanterelles? Mais je ne reconnais pas la girole de mon enfance, plus petite et plus jaune.
C'était le seul champignon qu'enfant, j'osais ramasser quand nous allions passer le week end à la campagne, avec les cèpes bien sûr, qui poussaient nombreux dans les bois autour de notre maison, mais que nous trouvions très rarement car nous nous levions trop tard et les chasseurs étaient déjà passés par là … ils méprisaient les giroles pourtant délicieuse en omelette, car dans les landes girondines de mon enfance, champignons riment avec cèpes poêlés et parfumés d'ai et persil, qui servaient généralement d'accompagnement du lapin tiré au petit jour
Alors ces champignons vont sans doute finir dans les ordures, à moins qu'un de mes lecteurs ne m'aide à les identifier …
13:33 Publié dans souvenirs | Lien permanent | Commentaires (2) |
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vendredi, 27 octobre 2006
Hier soir, le jury populaire a tranché ?
J'étais hier soir au Zénith. Qu'ai-je vu? Une cinquantaine de jeunes pro-Ségolène devant la tribune qui ont commencé le petit jeu délétère des sifflements contre Laurent Fabius dès qu'il s'est mis à parler, l'empêchant quasiment de s'exprimer, le huant avant même qu'il ne réponde à la question sur l'Europe, une oratrice ovationnée au début, chahutée et sifflée pendant et largement huée à la fin par un public lassé d'entendre ses formules creuses, ses déclamations droitières et incohérentes et sa stratégie de victimisation dès qu'elle est en situation d'échec. A coté d'elle, deux orateurs brillants, aux discours impressionnants : Fabius qui fait des propositions précises et de gauche, Strauss-Kahn le plus chaleureux, tous deux très acclamés.
Devant moi, un couple d'Antillais, elle à fond pro-Ségolène, lui, a priori du même avis que sa femme, applaudit de plus en plus mollement. A la fin de la soirée, il applaudira à tout rompre Laurent Fabius, il ovationnera Dominique Strauss-Kahn. Alors elle, dépitée lui crie "mais où t'es, toi?"
Eh oui, si la salle est partagée au début, plus la soirée avance, moins Ségolène Royal se fait applaudir et plus elle se fait huer. Elle n'a besoin de personne pour échouer à convaincre une salle de militants dont beaucoup étaient pourtant encore indécis.
Et à la sortie Ségolène Royal déboussolée, agacée, ulcérée... qui dit ne pas avoir peur du peuple mais donne un "avertissement" pour que les sifflets ne se reproduisent plus! Elle qui prône les jurys citoyens crie "pause" dès le premier débat un peu chahuteur ! Comment fera-t-elle face à une droite qui n'est pas vraiment tendre, à moins qu'elle ne refuse aussi les débats avec Sarkozy ?
23:55 Publié dans chronique à gauche | Lien permanent | Commentaires (2) |
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mercredi, 25 octobre 2006
Il y a 100 ans, la création d'un ministère du travail
Dans le Gouvernement qu'il constitue le 25 octobre 1906, Clemenceau crée le ministère du travail et de la prévoyance sociale qu'il confie à Viviani, député socialiste de la Seine depuis 1893. Celui-ci occupera ce poste jusqu'à novembre 1910. Il sera par la suite ministre de l'instruction publique (1913-1914) et Président du Conseil du 13 juin 1914 au 29 octobre 1915. Il convient de rappeler c'est sous le ministère Sarrien que venait d'être adoptée la loi du 13 juillet 1906 sur le repos obligatoire de 24 heures.Discours de René Viviani à la Chambre des députés quelques jours plus tard, le 8 novembre 1906
"Messieurs, ici dans cette enceinte et hors de cette enceinte, un malentendu formidable s'appesantit généralement sur les problèmes sociaux. En se retournant vers le passé, on aperçoit la Révolution française avec le droit individuel qu'elle a forgé de ses mains puissantes, de ses mains exaspérées contre la réaction économique des corps privilégiés et contre la réaction politique de l'ancien régime. Et, le regard ébloui par l'éclat qui se dégage de cette Révolution, on n'aperçoit pas toujours une autre Révolution silencieuse, obscure, profonde, qui s'appelle la révolution économique. Par la concentration des capitaux entre quelques mains et par le développement du machinisme sur le même champ de travail, deux collectivités sont dressées : les intérêts capitalistes ont pris corps sous la forme de sociétés anonymes ; les intérêts ouvriers ont pris corps sous la forme de collectivités ouvrières, qui hélas ne sont pas toujours des collectivités syndicales. Et alors, de ces collectivités ouvrières, peu à peu s'est dégagée une âme collective, peu à peu a surgi le droit collectif. C'est ici que le malentendu commence. Le droit collectif doit-il absorber, anéantir, dissoudre le droit individuel ? Je pense qu'il n'y a pas de régime qui se propose pour but l'abolition du droit individuel, l'anéantissement de cette liberté personnelle qui se rattache à l'essence de l'être humain. (Vifs applaudissements.). Je pense que si l'on regardait de plus près ces collectivités ouvrières, on verrait que les unités qui les constituent sont venues précisément demander à la puissance de l'action collective de décupler la puissance sociale de l'individu (nouveaux applaudissements) ; que les hommes viennent précisément y défendre cette liberté personnelle, ce droit individuel, opprimés depuis un siècle par toutes les puissances sociales, financières et économiques déchaînées sur la démocratie. (Vifs applaudissements.)
Et de ces collectivités, quelle est donc la revendication qui monte vers nous ? Messieurs, de moins en moins le bruit des conflits politiques passera le seuil de cette Chambre, mais, de plus en plus, le bruit sinistre des conflits sociaux parviendra à nos oreilles. Quel est donc le conflit qui est d'ailleurs à la racine du monde et que personne ici ne doit ignorer ? C'est le conflit entre la misère et la propriété. [...]
Qu'est-ce donc qui vous effraye ? Ce qui vous effraye dans les revendications sociales, ce n'est pas ce qu'elles contiennent, c'est ce qu'elles annoncent, ce qu'elles présagent. C'est ce cortège d'attitudes intransigeantes, de formules rudes, de violences, de paroles débordantes, c'est ce jaillissement perpétuel de pensées, c'est cet ébranlement général, cette fièvre universelle qui semblent se communiquer à tout.
Oui mais alors, s'il y a faute, à qui la faute ? Qui donc a créé l'oeuvre révolutionnaire dont les conséquences apparaissent devant tous les regards ? Quelle est donc la main puissante qui a créé l'homme moderne avec tous ses désirs, toute ses revendications, toutes ses audaces, toutes ses ambitions ?
Ah ! pour votre honneur historique, ne laissez pas dire que l'homme moderne est sorti tout entier de la seule situation économique, reprenez votre part et n'opposez pas à l'héritage glorieux des grands ancêtres la mesure pratique et injurieuse du bénéfice d'inventaire." (Vifs applaudissements.)
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