dimanche, 11 janvier 2009
il y a 50 ans, naissait Tintin et son fox-terrier Milou.
Le 10 janvier 1929, un jeune garçon à la houppe prend le train Bruxelles-Moscou pour un reportage au "pays des Soviets". Un agent secret soviétique voulant empêcher Tintin de mener à bien son reportage est à bord du même train. Alors que le train passe par l'Allemagne, il le fait exploser, afin de tuer Tintin. Tintin et Milou échappent à la mort, mais le reporter est accusé de l'attentat et est enfermé. Il réussit néanmoins à sortir de la prison, grâce au déguisement qu'il a volé à un gardien, et poursuit son voyage jusqu'en URSS. Lorsqu'il arrive avec Milou à Stolbsty, il est immédiatement traqué par le Guépéou ...
Le dessinateur belge Georges Rémi, plus connu sous son pseudonyme Hergé (d'après ses initiales), publie la première aventure de Tintin et Milou, sur commande de l'abbé Wallez, propriétaire du journal. Rédacteur en chef du Petit Vingtième, supplément jeunesse du journal catholique Le Vingtième Siècle, Hergé n'a que 21 ans mais a déjà créé maints héros, y compris un petit Totor, dans une précédente bande dessinée, "Totor, CP (Chef de Patrouille) des Hannetons", destiné à un magazine de scouts appelé Le Boy-Scout belge.
Avec Tintin, Hergé met en scène un très jeune homme sans aspérités qui va très vite se confronter aux malheurs du monde. Éternel témoin de son temps, le jeune reporter du Petit Vingtième est amené dans cette première aventure à visiter le pays des Soviets. Hergé, qui n'a jamais fait mystère de ses opinions anti-communistes, en profite pour dénoncer la dictature stalinienne et montrer l'envers du décor.
Au fil des aventures, plusieurs figures récurrentes vont apparaître, comme le Capitaine Haddock, les détectives Dupond et Dupont, ou encore le professeur Tournesol.
Une anecdote, le 8 mai 1930, lorsque l'aventure eut fini de paraître au Petit Vingtième, le journal annonça le retour de Tintin à la Gare du Nord de Bruxelles et engagea quelqu'un pour jouer le rôle de Tintin. Une foule se précipita aussitôt à la gare, preuve du succès de l'œuvre d'Hergé. La scène fut d'ailleurs reprise dans l'album ...
Une passionnante vidéo de l'INA montre une série de dessins de Tintin et Milou illustrant son univers, puis HERGÉ, interviewé par Bernard PIVOT, parle de son personnage et de la réédition des premiers "Tintin". Commentaires de Thierry DEFERT et Gilles DEBURE sur "Tintin au pays des Soviets" et "Tintin au Congo". Réponse d'HERGÉ sur les accusations d'anticommunisme, de colonialisme, sur les modifications qu'il a réalisées, sa façon de travailler, son album préféré, l'absence de femmes, le détournement de ses dessins (un Tintin situationniste) ...
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samedi, 10 janvier 2009
Coplas por la muerte de su padre
Je viens de perdre un ami, et pure coincidence, France inter passait tout à l'heure cette belle chanson de Paco Ibáñez, tiré d'un long poème médiéval ... le début de la version "originale" du XVième siècle ...
I - Recuerde el alma dormida
Recuerde el alma dormida,
avive el seso y despierte
contemplando
cómo se pasa la vida,
cómo se viene la muerte
tan callando,
cuán presto se va el placer,
cómo, después de acordado,
da dolor;
cómo, a nuestro parecer,
cualquiera tiempo pasado
fue mejor
II - Pues si vemos lo presente
Pues si vemos lo presente
cómo en un punto se es ido
y acabado,
si juzgamos sabiamente,
daremos lo no venido
por pasado.
No se engañe nadie, no,
pensando que ha de durar
lo que espera
mas que duró lo que vio,
pues que todo ha de pasar
por tal manera.
III - Nuestras vidas son los ríos
Nuestras vidas son los ríos
que van a dar en la mar,
que es el morir,
allí van los señoríos
derechos a se acabar
y consumir;
allí los ríos caudales,
allí los otros medianos
y más chicos,
y llegados, son iguales
los que viven por sus manos
y los ricos.
La suite ici
Coplas por la muerte de su padre, appelé également Coplas a la muerte del maestro don Rodrigo, ou tout simplement coplas de Jorge Manrique, une élégie écrite par Jorge Manrique à la mort de son père. Écrite après le 11 Novembre 1476, date de la mort de Don Rodrigo Manrique, ce long poème constitue une des œuvres capitales de la la poésie castillan.
Le poème est composé de 40 strophes (on parle de "laisse" dans la littérature médiévale). Chacune est une suite 12 vers caractérisés par une alternance de deux octosyllabe suivis d'une tétrasyllabe ou d'une pentasyllabe. Pour sa part, Paco Ibáñez en a fait une version musicale dans les années 60 avec un rythme imposé par cette forme très particulière.
Et la chanson donc en vidéo ...
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Anastasie fait son cinéma
Qu'ont en commun les films "Zéro de conduite", "l'âge d'or", "Le Cuirassé Potemkine", "Quai des brumes", "La Bataille d'Alger", "Le Petit Soldat", "La religieuse", "l'Empire des sens", ou encore "La dernière tentation du Christ" ? Eh bien le fait d'avoir subi les foudres de la censure cinématographique !
Mais qui se souvient que celle-ci est née il y a cent ans, le 10 janvier 1909 ?
C'est une affaire criminelle qui en est l’origine, celle de la Bande à Pollet, dite aussi d’Hazebrouck. Forte d’une dizaine de bandits menés par les frères Abel et Auguste Pollet, elle écumait et terrorisait la région d’Hazebrouck de 1895 à 1905, la mettant à feu et à sang. Emprisonnés au début 1908, ils étaient accusés de sept assassinats et dix-huit tentatives d’assassinats suivis de vols. On les avait appelés « Les chauffeurs ». Tout bêtement parce qu’ils chauffaient les pieds de leurs victimes pour leur faire avouer où elles cachaient leur pécule.
En juin 1908, le prétoire des assises de Saint-Omer, trop étroit pour contenir les nombreux inculpés, doit être agrandi. La presse régionale et nationale est présente et les curieux sont venus en foule. Le vendredi 26 juin, les frères Pollet et leurs lieutenants Canut Vromant et Théophile Deroo sont condamnés à mort pour assassinats, le reste de la bande à de fortes peines de prison. La Cassation est refusée; de même la grâce du président de la République ...
Le 10 janvier 1909 la nouvelle se répand vite, les bois de la guillotine sont arrivés à Béthune ! Des centaines d'hommes, de femmes se rendent à pied au cours de la nuit vers le chef lieu d'arrondissement, 6 000 personnes attendent la venue des condamnés. 90 gendarmes à pied, 40 gendarmes à cheval, le bataillon du 73° en garnison à Béthune et 200 cavaliers du 21° Dragons de Saint-Omer assurent le service d'ordre ... La presse nationale et internationale et de nombreux journaux régionaux ont envoyé leurs propres journalistes pour couvrir les exécutions capitales. De plus les opérateurs Pathé sont aussi présents. En effet, le public du cinématographe raffole particulièrement d’un genre nouveau, les exécutions capitales dont les reconstitutions truquées virent parfois au ridicule. Une exécution capitale, filmée en réel et non reconstituée, passionne donc les opérateurs Pathé Actualités, attire journaux et badauds, mais affole au plus point les autorités, locales et nationales, alertées par un tapage médiatique exceptionnel et par une foule de plus en plus nombreuse et excitée.
07:21 Publié dans art, Bavardage, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Une fenêtre ouverte
La mort n'est jamais complète,
il y a toujours puisque je le dis
puisque je l'affirme
au bout du chagrin
une fenêtre ouverte
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux
une main tendue
une main ouverte
des yeux attentifs
une vie, la vie à se partager.
Paul Eluard.
00:35 Publié dans litterature, poèmes, souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) |
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vendredi, 09 janvier 2009
Le 9 janvier 1959 première de Cinq colonnes à la une
Le 9 janvier 1959 pour la première fois, un magazine d’actualité du nom de Cinq colonnes à la Une, impose son rendez vous le premier vendredi de chaque mois, à 20h30, autour de l’équipe de Pierre Lazareff, Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes et du réalisateur Igor Barrère. Le petit écran ouvre ainsi une fenêtre sur le monde. L'émission cessera d'être diffusée peu après les évènements de mai 1968, après 103 numéros.
Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, mais la musique du générique, c’est vraiment quelque chose !!!
Au menu de cette première émission : de la politique avec un portrait de Michel DEBRE, nommé premier "premier ministre" de la Cinquième République la veille 08 janvier 1959, un reportage en Algérie, sur le sergent Charlie Robert, jeune appelé dans une compagnie opérationnelle et chef de groupe de combat de tirailleurs, ou encore l'interview en triplex de trois ouvriers de l'industrie automobile, un Français travaillant chez Renault à Flins, un Allemand employé de Volkswagen et un Italien de la firme Fiat à Turin. Ce reportage les montre tout d'abord en activité sur leur propre lieu de travail, sur leur niveau de vie, leurs salaires, les vacances, et leurs sentiments devant les débuts du marché commun, qu'ils voient tous d'un bon œil ; la culture avec l'ouverture prochaine à Athènes du Musée de l'Acropole, ou le Pape Jean XXIII et son expérience du cinéma ; les spectacles avec la présentation par France Roche du film "Jeux dangereux" de Pierre Chenal avec Sami Frey et Pascale Audret, un concours de hula-hoop aux Etats-Unis, ou la 100ème du show Yves Montand au théâtre de l'Etoile ; des faits divers et un interview d'Alain Bombard suite au naufrage de deux canots de sauvetage près du port d'ETEL (BRETAGNE) qui a causé la mort de neuf personnes lors d'une expérience menée par lui même, et même du "poeple" avec Brigitte Bardot dans son premier film réalisé en 1939 par sa maman "tatty", ou les petits-fils du général De GAULLE, Charles, Yves et Jean en promenade au Bois de Boulogne avec leur mère …
Générique cinq colonnes à la unes ici
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jeudi, 08 janvier 2009
Sa mort nous laisse baba.
"- Si on parlait un petit peu du mariage ? Pour le traiteur, j’ai pensé qu’on pouvait prendre Lenôtre.
- Qui c’est ?
- Pardon ?
- Le traiteur ! Qui c’est ?
- C’est Lenôtre mais si vous préférez prendre le vôtre...
- Non, on va prendre le vôtre."
C’était en 2001, un dialogue entre la mère de Chochana et celle de Serge, dans La Vérité si je mens 2. Bien sûr ce n'était pas très original, nous, on l'avait déjà fait ... mais ces répliques sont devenues culte. Pour une maison comme Lenôtre, c'était aussi une sorte de consécration populaire !
Parmi ses inventions, un gâteau à la pâte de macaron et à la crème de nougatine baptisé Succès, ou l' Opéra (mais cette paternité est contestée, ce gâteau aurait été inventé en 1955 par Cyriaque Gavillon de la maison Dalloyau qui voulait créer une nouvelle forme d'entremets avec des tranches apparentes pour lequel une seule bouchée suffisait à donner le goût du gâteau entier et que son épouse, Andrée Gavillon, baptisa "Opéra" en hommage à une danseuse étoile et à ses petits rats qui faisaient des entrechats dans la boutique ... et pour nous embrouiller encore plus, on retrouve trace d'un gâteau de même composition sous le nom de gâteau Clichy dont un certain Louis Clichy serait le créateur en 1903 pour de l'Exposition Culinaire à Paris ...).
Il parait que Sacha Guitry et Marcel Pagnol ont été ses premiers inconditionnels, en particulier de ses macarons glacés (là, le macaron serait né à Venise au Moyen Âge et aurait été introduit en France par Catherine de Médicis ... mais selon la maison Ladurée c'est Pierre Desfontaines, petit-fils de Louis Ernest Ladurée qui, au début du XXe siècle, aurait eu l'idée d'accoler deux à deux des petits gâteaux ronds à la fois moelleux et croustillants et de les garnir d'une ganache.) et financiers (là encore il y a contestation ! a-t-il été créé par le pâtissier Lasne près de la Bourse vers 1890, pour régaler les financiers rapidement et sans se salir les mains, ou par les sœurs de la Visitation de Nancy en l'honneur du roi Stanislas de Pologne ?)
Aujourd'hui la mort de celui qui nous a fait fondre de Plaisir (aux noix, mon préféré depuis au moins 30 ans ... enfin fondre, pas les kilos ! et à déguster avec un bon Porto, il parait qu'il a été conçu exprès à la demande d'une association de gourmets, le Club des Cent ?) nous laisse baba !
20:02 Publié dans art, coup de coeur, petit conte culinaire, souvenirs, Yvelines | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 07 janvier 2009
Pour prolonger Noel !
Je sais, il fait froid, pas le temps à sortir dehors ! eh bien, pourquoi ne pas se lancer dans une partie de jeu de l'oie ? Traditionnellement, le jeu de l'oie comprend 63 cases disposées en spirale enroulée vers l'intérieur et comportant un certain nombre de pièges. Le pion est déplacé sur les cases en fonction du résultat de l’addition de deux dés lancés. Le but est d’arriver le premier à la dernière case, située au centre de la spirale. Seulement, de nombreux pièges parsèment le parcours … Il n’y a aucune stratégie, aucune réflexion. Seuls le hasard et la chance règnent, il faut compter sur son étoile, bonne ou mauvaise.
Pour certains ce jeu remonterait aux Egyptiens. Dans Amours et fureurs de la Lointaine (Stock, 1995), Christine Desroches-Noblecourt évoque le jeu égyptien du serpent, qui présente d'étranges similitudes avec le jeu de l'oie. Pour d'autres, comme Henry-René D'Allemagne, qui lui a consacré un livre (Le Noble Jeu de l'oie en France de 1640 à 1950, Paris, Gründ, 1950), le jeu aurait été inventé par les généraux grecs pour tuer le temps lors du siège de Troie. Mais la première mention de ce jeu provient de la cour des Médicis à Florence, vers 1580, et les plus anciens jeux de l'oie retrouvés, en Italie notamment, datent du début du XVIè siècle. On parle alors du "noble jeu renouvelé des Grecs". Depuis , le jeu de l'oie a inspiré une multitude de jeux éducatifs et moraux et certains font de son étude une des bases de leur recherche philosophique.
Ce soir, puisque maintenant vos émissions préférées se terminent pus tôt, vous pourrez commencer le roman de Jules Verne "Le Testament d'un excentrique ... Il s'agit d'un gigantesque jeu de l'oie : chaque case du jeu de l'oie correspond à un état des USA de l'époque. Comme le nombre d'états est inférieur à celui du nombre de cases du jeu de l'oie, l'état de l'Illinois (celui de la ville de Chicago) est répété plusieurs fois. Le gagnant du jeu de l'oie sera désigné comme l'héritier d'un millionnaire de Chicago.
Le Testament d'un excentrique est disponible gratuitement sur Wikisource ...
Et, dès que le temps le permettra, pourquoi ne pas aller faire une visite du Musée du jeu de l'oie situé dans le palais du roi de Rome de Rambouillet. Là sont présentées les 2 500 pièces de la collection de Pierre Dietsch, un polytechnicien d'origine alsacienne, responsable d'une petite société d'édition, qui écuma l'Europe pendant plus de trente ans pour constituer une des plus belles collections au monde. Cet homme discret, d'une infinie courtoisie, bibliophile éclairé, mourut en 2000, quelques mois après avoir laissé ses jeux en dépôt au musée de Rambouillet.
Musée du jeu de l'oie de Rambouillet : http://www.cg78.fr/culturel/musees/28_oie.htm ou http://www.ramboliweb.com/lepalaisduroiderome/index.asp
07:25 Publié dans Bavardage, coup de coeur, Histoire, souvenirs, Yvelines | Lien permanent | Commentaires (1) |
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mardi, 06 janvier 2009
La France a froid ! "Mes amis, au secours !"
Alerte météo : 27 départements en vigilance orange neige-verglas, et on nous annonce que l'on va descendre en dessous de -10° à partir de mercredi ! vols annulés au départ de l'aéroport de Roissy et quelque 1.600 passagers qui n'ont pu embarquer au cours de la journée sont hébergés dans l'aéroport. La consommation française d'électricité a atteint un record historique ce lundi soir à 19h à 90.200 mégawatts, et la consommation pourrait même culminer à près de 91.000 MW mardi 6 et mercredi 7 janvier, selon RTE ... Bref, la France a froid ! "Mes amis, au secours !" criait l'abbé Pierre en 1954 ... et pourtant cette semaine encore, la mort de nombre de sans-logis, recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu, ouvrira les actualités du 20 heures.
Mais se souvient-on qu'il y a exactement 3 siècles, un hiver exceptionnellement froid s'abattait sur la France ? L'hiver de 1709 fut sans doute l'un des plus terribles. Les indications relevées dans les registres paroissiaux permettent d'établir une température de – 28° à – 30°C.
Dans les campagnes, les paysans grelottent et la famine menace. Les arbres éclatent sous l'effet du gel, les animaux crèvent à l'étable, la terre est si dure qu'il faut enterrer provisoirement les morts nombreux dans l'intérieur des églises. A Versailles, les cheminées, mal conçues, ne parviennent pas à réchauffer les appartements royaux. Des domestiques indiquent dans leurs mémoires que "le vin du roi gelait dans les carafes" et que "celui-ci l’exposait à la chaleur des flammes pour en boire". Louis XIV renonce un temps à ses sorties quotidiennes et demeure cloîtré dans ses logements. Son petit-fils, le duc de Berry, n’a pas la sagesse de l’imiter. Malgré les rigueurs de l’hiver, il part chasser dans la forêt de Versailles. L’un de ses valets, porteur des fusils royaux, revient au palais les doigts en si mauvais état qu’il faut l’amputer d’urgence …
La vague de froid est particulièrement incroyable entre le 10 et le 21 janvier. Les températures, de jour comme de nuit tournent alors autour de -20 ° à Paris. Vers les 13 et 14 janvier des températures descendent jusqu'à -23° et une température de -26° est enregistrée à Paris. A Bordeaux les températures descendent jusqu'à -20,5°, à Montpellier jusqu'à -16 ° et à Marseille jusqu'à –17,5°. Fleuves et rivières sont gelés, même le Rhône. La mer est bloquée par les glaces dans les ports et sur les côtes. Fin février la température est encore de -6,9° puis en mars elle remonte de quelques degrés. Le 15 mars débute alors une spectaculaire débâcle de la Seine générant une importante inondation rendant encore impossible le ravitaillement de Paris. La Seine entre en crue. Ses flots impétueux emportent dans leur course de nombreuses embarcations qui se fracassent violemment contre les piliers des ponts. Le 5 avril, Paris est approvisionné pour la première fois depuis trois mois ! Mais le constat est épouvantable, toutes les récoltes sont pourries. Le 23 avril, par arrêté royal, Louis XIV autorise à ressemer chaque parcelle de terrain.
De nombreux lettres, mémoires, et registres paroissiaux attestent de l'horreur de cet hiver 1709.
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